Il aura fallu que les caisses soient totalement vides et que la France occupe la présidence de l’Union Européenne pour que le gouvernement annonce enfin se préoccuper en priorité des réformes “structurelles”, plutôt que d’aller distribuer de l’argent qu’il n’a pas. Les Ministres qui ont précipité leur retour de vacances pour se retrouver autour de François Fillon, se sont donc joints à lui pour ne pas se laisser aller à un énième « plan de relance », préconisé par les socialistes et dont on sait pourtant depuis des lustres qu’il ne sert à rien. Les remèdes miracles n’existent pas, et n’en déplaise à François Hollande, ce n’est pas en augmentant la dépense publique et en creusant la dette qu’on affronte le vent mauvais de la Crise économique. On ne règle pas les problèmes en jetant de l’argent dessus !
Il serait dommage que Raison rime avec attentisme : la bonne posture politique ne réside ni dans la panique dépensière, ni dans l’attentisme coupable, mais bien dans la mise en œuvre de réformes profondes, libérales : suppression du statut de la fonction publique, réforme radicale du code du travail, fin du monopole de la sécurité sociale. Rien ne signale, pour l’heure, que le Gouvernement ait choisi cette voie. L’accumulation des « petits pas » en ce sens, bien loin de la « rupture » promise, ne fait pas le poids à l’heure de l’épreuve.
En outre, est-il permis de s’interroger, sans faire de mauvais esprit, sur le timing de ces effets d’annonce ? En plein été, la réaction trop rapide d’un Premier Ministre sur la sellette sera-t-elle du goût du Président de la République, dont on sait les inclinaisons interventionnistes prononcées ? Quel sera l’arbitrage finalement rendu, face à la pression de la rue qui s’annonce forte à la rentrée ? Espérons que, pour une fois, la voie choisie sera la seule utile à notre pays : la voie libérale.
